Le rongeur et sa roue infinie Cette citation de François-Emmanuel Tirtiaux fournit un lien logique entre le thème du jour et l'article précédent. Peut-être que ce sujet correspond à une prise de conscience de ma part ...


Perfectionnisme ?



Voilà une notion intéressante … Certains classent ce comportement comme une qualité, d’autres comme un défaut, et vous ? Comment le qualifieriez-vous ? Pour ma part, la définition serait la suivante : « Le perfectionnisme est un comportement résultant d’une insatisfaction chronique, qui vise à rendre parfait chacun de ses actes comme s’il existait une identification entre les verbes être et faire ».


Effectivement, la personne qui s’approprie la croyance « Je suis la somme de tous mes actes » se trouve dans l’obligation de tout réussir parfaitement. Comme si l’erreur s’avérait honteuse. Pourtant cette dernière constitue une source d’apprentissages extraordinaires, un feedback permettant d’apprendre, rectifier et corriger. L’erreur demeure une étape sur le chemin de sa réussite. Attention, mon message ne doit pas être interprété comme un appel à se tromper volontairement, mais au contraire comme la nécessité d’optimiser son expérience et de saisir chaque opportunité comme une indication vers son épanouissement. L’échec, qui semble la plupart du temps associé à des sentiments de résignation et de culpabilité, n’existe pas dans le coaching de vie : plus ma vie a eu son lot de péripéties, plus le nombre de mes apprentissages s’accroit et plus je suis capable d’exploiter les plus inaccessibles de mes capacités. Chaque événement, chaque accident de ma vie est un tremplin vers qui je suis vraiment. Comment pourrais-je un jour atteindre le bonheur sans avoir connu le malheur ? Une chose ne peut exister sans son contraire. Par conséquent, si aujourd’hui je ne vis pas un épanouissement complet, je dois savoir que cela fait parti d’un processus qui me permettra, si je m’en donne les moyens, d’accéder un jour ou l’autre à toutes les ressources nécessaires et suffisantes enfouies au fond de moi.


Alors, de quoi le perfectionniste a-t-il vraiment peur ? L’avenir, l’autre … Hum, tout simplement de Soi je crois. Pourquoi a-t-il peur ? Parce qu’il est très faignant en fait ;-) : Alors qu’il se donne cette allure de besogneux, le perfectionniste souhaite s’affranchir de tout travail sur lui-même : trop long, trop difficile, trop impliquant ! Pour pallier à cela, il se dit « qui peut le plus peut le moins » si bien que l’emploi des principes les plus stricts et moraux représente l’illusion d’un pas certain vers la reconnaissance. D’ailleurs, Il préfère se noyer dans l’hyperactivité pour se rassurer et éviter de se poser les questions portant sur l’essence même de ce qu’il est. Tel un rongeur tournant sur une roue infinie, il se fatigue inutilement, s’épuise, se perd. Ainsi, le perfectionniste vit-il plus de la peur que de l’amour … La peur de laisser apparaitre aux yeux du monde la facette de lui-même qu’il méprise profondément et qu’il aperçoit dès que se pose un miroir face à ses yeux. D’ailleurs, dans son esprit, son Moi ne se résume qu’à cette vison, il néglige toute cette magnifique part d’ombre qui ne demande qu’à émerger.


J’en déduis que le perfectionnisme résulte de l’expression d’une souffrance. Il se développe dans les traits d’une personne très sensible qui « choisit » de se couper de son ressenti pour ne pas souffrir et pour ne pas montrer cette faille à l’autre. Elle ne se rend pas compte de la distorsion entre ce qui se passe dans son cœur et la carapace qu’elle se plait à créer. Elle possède un esprit très rigide qui fonctionne selon le modèle « A implique B » : telle cause conduit nécessairement à telle conséquence. Pour elle l’exception n’existe pas, la faille représente la faiblesse, si bien qu’elle se persuade toute seule que pour être reconnue et acceptée par tous les autres alors elle se doit de paraitre la plus parfaite possible.

Sa vision se base sur le modèle binaire : tout est blanc ou noir. C'est la loi du tout ou rien : si elle fait alors cela se doit d'être parfait, sinon elle n'essaye même pas.


Finalement, cet article m’amène jusqu’à la conclusion suivante : La personne perfectionniste peut être un vrai atout pour les autres, notamment dans le milieu professionnel car elle s’avère un bourreau du travail. Elle fait … mais lentement pour contrôler la qualité, elle a tendance à peaufiner les détails. Seulement, son besoin de perfection symbolise sa méconnaissance d’elle-même (elle est déjà parfaite, pas besoin d’en faire plus) et empêche bien souvent de se détendre, de savourer l’instant présent ce qui se traduit par stress et anxiété. Elle n’est pas.