
Ce matin, j’avais très envie d’écrire un article sur l’instant présent. Et puis, je me dirige vers la douche, je tourne le bouton de la radio, et je commence à faire couler l’eau. Le son de la musique se diffuse dans la salle de bain, et c’est à ce moment précis que je comprends que je tiens mon article. Pas besoin d’écrire, Sinsemilia l’a fait pour moi ! En ce lendemain de fête de la musique (pluvieuse sur la Côte) où ce groupe se produisait d’ailleurs à Monaco, je me permets de vous faire partager les paroles de leur dernier single. Elles me touchent particulièrement car elles sont caractéristiques d’un message que j’essaye de faire passer quotidiennement à mon entourage : profiter de chaque instant, lâcher prise (= ne plus se laisser dominer par ses pensées, ses problèmes), et surtout ne pas sacrifier le « maintenant » pour le futur car ce cycle est sans fin et correspond à une fuite. Beaucoup de mes interlocuteurs me disent « Bruno, tu as raison, et moi aussi je veux absolument profiter de l’ici et du maintenant » puis cinq minutes plus tard, au détour d’une phrase, ils me confessent « Tu sais, j’essaye de bosser au maximum en ce moment, de gagner le plus d’argent possible, j’évite de prendre trop de vacances, et puis quand j’aurais quarante ans je lèverai s le pied et je me reposerais ». Je ne connais personne qui accepte de baisser son rythme de vie à quarante ans, de diminuer son salaire et finalement, à quarante ans on se dit qu’on se reposera suffisamment à la retraite … Tout ça pour courir sans fin, amasser, amasser sans avoir le temps d’en profiter ! « Vivez, si m’en croyez, n’attendez à demain, cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie ». Ronsard le disait déjà dans son Sonnet pour Hélène : stop à la procrastination !
Il est important de se rendre compte que le meilleur des futurs possibles correspond à un présent heureux et vécu pleinement : Pourquoi un sacrifice aujourd’hui nous permettrait-il d’aller mieux demain ? Pourquoi ne pourrions-nous pas toujours profiter, hier, aujourd’hui et demain ?
Moins nous nous réalisons aujourd’hui et plus nous plaçons d’espoirs dans l’avenir, comme si un miracle allait soudain faire changer le déroulement de notre vie et modifier nos comportements. D’ailleurs, le pire moyen de ne pas vivre l’instant présent à sa juste valeur consiste à perdre sa concentration en se dispersant, pour devenir finalement multitâche par peur de manquer (de quoi ? de temps ? Profitons-en alors de ce temps pour ne pas le perdre !). Voulez-vous des exemples ? Qui parmi vous fait son jogging en écoutant la musique au lieu de se concentrer sur son souffle ? Qui lit un magazine tout en regardant la télévision ? Qui prend sa douche en écoutant la radio ? Mince, je suis démasqué ! Effectivement, si j’en parle c’est que cette multi-activité me concerne aussi et j’essaye au fil du temps de ne faire qu’une seule tâche à la fois, pour mieux me concentrer sur elle, pour mieux l’apprécier, et pour la terminer plus rapidement. Quel travail pour quelqu’un comme moi qui, lorsqu’il était étudiant, travaillait ses cours en regardant la télévision, écoutant la radio et chattant sur le net ! Finalement, le principe du bonheur ne consisterait-il pas à se satisfaire de chaque action du quotidien en la vivant pleinement, à fond ?
Trêve de blabla, lisez bien ces paroles, et n’hésiter pas à les appliquer !
J'aimerai tellement pouvoir vous dire
Que rien ne va jamais finir
Que l'horloge peut se retenir
J'aimerai tellement pouvoir écrire
Que rien n'arrêtera les rires
Que not'vie est une source qui ne saurait se tarir
Mais rien ne sert de mentir
J'aimerai au moins vous prévenir
Que c'est en les vivants que l'on construit les souvenirs
Qu'à trop vouloir courir c'est nos vies
Que l'on fini par fuir
Perdre sa vie à la gagner
Et voir défiler les années
Y sommes nous vraiment condamnés ?
N'y a t il pas d'autres voies
Que l'on pourrait paver ?
N'y a t il pas d'autres choix ?
D'autres priorités ?
Chercher le plus pas le meilleur
Ressemble tant à une erreur
est ce l'abondance de bien
qui offre le bonheur ?
J'ai peur qu'à la ligne d'arrivée
De cette course courue tête baissée
Il n'y ait comme médaille que le goût des regrets
Je ne connais qu'une chance
C'est de gagner la quête du sens
Il y a tant à vivre sans attendre demain
Là, à portée de la main