Relation d'aide - Développement personnel - Coaching

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lundi, juin 22 2009

Prendre le temps

Prendre le temps

Ce matin, j’avais très envie d’écrire un article sur l’instant présent. Et puis, je me dirige vers la douche, je tourne le bouton de la radio, et je commence à faire couler l’eau. Le son de la musique se diffuse dans la salle de bain, et c’est à ce moment précis que je comprends que je tiens mon article. Pas besoin d’écrire, Sinsemilia l’a fait pour moi ! En ce lendemain de fête de la musique (pluvieuse sur la Côte) où ce groupe se produisait d’ailleurs à Monaco, je me permets de vous faire partager les paroles de leur dernier single. Elles me touchent particulièrement car elles sont caractéristiques d’un message que j’essaye de faire passer quotidiennement à mon entourage : profiter de chaque instant, lâcher prise (= ne plus se laisser dominer par ses pensées, ses problèmes), et surtout ne pas sacrifier le « maintenant » pour le futur car ce cycle est sans fin et correspond à une fuite. Beaucoup de mes interlocuteurs me disent « Bruno, tu as raison, et moi aussi je veux absolument profiter de l’ici et du maintenant » puis cinq minutes plus tard, au détour d’une phrase, ils me confessent « Tu sais, j’essaye de bosser au maximum en ce moment, de gagner le plus d’argent possible, j’évite de prendre trop de vacances, et puis quand j’aurais quarante ans je lèverai s le pied et je me reposerais ». Je ne connais personne qui accepte de baisser son rythme de vie à quarante ans, de diminuer son salaire et finalement, à quarante ans on se dit qu’on se reposera suffisamment à la retraite … Tout ça pour courir sans fin, amasser, amasser sans avoir le temps d’en profiter ! « Vivez, si m’en croyez, n’attendez à demain, cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie ». Ronsard le disait déjà dans son Sonnet pour Hélène : stop à la procrastination !

Il est important de se rendre compte que le meilleur des futurs possibles correspond à un présent heureux et vécu pleinement : Pourquoi un sacrifice aujourd’hui nous permettrait-il d’aller mieux demain ? Pourquoi ne pourrions-nous pas toujours profiter, hier, aujourd’hui et demain ?

Moins nous nous réalisons aujourd’hui et plus nous plaçons d’espoirs dans l’avenir, comme si un miracle allait soudain faire changer le déroulement de notre vie et modifier nos comportements. D’ailleurs, le pire moyen de ne pas vivre l’instant présent à sa juste valeur consiste à perdre sa concentration en se dispersant, pour devenir finalement multitâche par peur de manquer (de quoi ? de temps ? Profitons-en alors de ce temps pour ne pas le perdre !). Voulez-vous des exemples ? Qui parmi vous fait son jogging en écoutant la musique au lieu de se concentrer sur son souffle ? Qui lit un magazine tout en regardant la télévision ? Qui prend sa douche en écoutant la radio ? Mince, je suis démasqué ! Effectivement, si j’en parle c’est que cette multi-activité me concerne aussi et j’essaye au fil du temps de ne faire qu’une seule tâche à la fois, pour mieux me concentrer sur elle, pour mieux l’apprécier, et pour la terminer plus rapidement. Quel travail pour quelqu’un comme moi qui, lorsqu’il était étudiant, travaillait ses cours en regardant la télévision, écoutant la radio et chattant sur le net ! Finalement, le principe du bonheur ne consisterait-il pas à se satisfaire de chaque action du quotidien en la vivant pleinement, à fond ?

Trêve de blabla, lisez bien ces paroles, et n’hésiter pas à les appliquer !

J'aimerai tellement pouvoir vous dire

Que rien ne va jamais finir

Que l'horloge peut se retenir

J'aimerai tellement pouvoir écrire

Que rien n'arrêtera les rires

Que not'vie est une source qui ne saurait se tarir

Mais rien ne sert de mentir

J'aimerai au moins vous prévenir

Que c'est en les vivants que l'on construit les souvenirs

Qu'à trop vouloir courir c'est nos vies

Que l'on fini par fuir

Perdre sa vie à la gagner

Et voir défiler les années

Y sommes nous vraiment condamnés ?

N'y a t il pas d'autres voies

Que l'on pourrait paver ?

N'y a t il pas d'autres choix ?

D'autres priorités ?

Chercher le plus pas le meilleur

Ressemble tant à une erreur

est ce l'abondance de bien

qui offre le bonheur ?

J'ai peur qu'à la ligne d'arrivée

De cette course courue tête baissée

Il n'y ait comme médaille que le goût des regrets

Je ne connais qu'une chance

C'est de gagner la quête du sens

Il y a tant à vivre sans attendre demain

Là, à portée de la main

(http://www.sinsemilia.com)

dimanche, juin 14 2009

Le mot coaching

Le cocher

Chers lecteurs, chers amis,

Aujourd’hui, je dois vous faire une petite confession : j’ai beaucoup de réticences avec l’emploi du mot « coaching ». « Accompagnant » personnel, « consultant » en développement personnel me plaisent beaucoup plus mais ils demandent bien souvent une longue explication de texte. Déjà, la simple prononciation du groupe nominal «développement personnel» intrigue la plupart du temps : « Mais qu’est-ce donc ? » Le domaine est vaste, riche et suscite l’interrogation si bien que l’emploi d’un certain vocabulaire nécessite à nouveau le recours à des explications sans fin. Il faut donc faire concis et précis ! C’est pourquoi dorénavant, j’utilise deux phrases claires pour tout le monde : « Le développement personnel consiste d’abord à prendre conscience que nous possédons tout le potentiel et toutes les ressources nécessaires à notre épanouissement. Puis, il permet par l’intermédiaire d’un travail sur soi d’apprendre à utiliser ces ressources, à les exploiter et les optimiser, afin de vivre heureux, en harmonie avec soi, les autres, et notre environnement. » Ainsi, le décor est-il planté proprement, mais je constate que je m’égare, le thème du jour reste le coaching.

Pourquoi le mot « coaching » me déplait-il ?

Depuis quelques années, les médias, les publicitaires, et autres marketeux en herbe investissent sur ce terme jusqu’à le dénaturer et lui enlever sa substantifique moelle. Aujourd’hui tout est coaching, même un moniteur d’auto-école pourrait se décréter « coach en sécurité routière » ! Autrefois, nous parlions d’un entraineur d’équipe de football, aujourd’hui nous l’appelons coach. Autrefois, nous parlions d’un conseiller matrimonial, aujourd’hui nous l’appelons coach. Autrefois, nous parlions de soutien scolaire, aujourd’hui nous évoquons le coaching scolaire. Autrefois, nous parlions de coiffeur, aujourd’hui nous avons l’immense privilège de voir émerger certains coachs en relooking capillaire. Le coaching est à la mode et par conséquent on nous sert ces huit lettres à toutes les sauces, pouvant désigner tout et son contraire. C’est un véritable coachemar !

Par exemple, voici les derniers types de coachs que j’ai pu trouver sur la toile :

- Coach minceur

- Coach beauté

- Coach cuisine

- Coach de danse

- Coach épargne

- Coach séduction

- Coach mariage

- Coach en divorce

- Coach bio

- Coach nature

- Coach immobilier

- Coach vacances


Nous risquons la crise de foi ! D’ailleurs, la télévision utilise aussi abondamment le filon en mettant en avant des pseudo-coachs influents pour faire de l’audience. Après « L’instit’ », à quand « Le coach ? » tous les mercredis soirs à 20h30 ?

D’ailleurs, il m’arrive de tomber à la renverse lorsque je visionne certaines émissions : (petites citations de coachs parlant avec leur coaché) - « Vos noms prénoms, je m’en fiche complètement »

- « Pour l’instant vous êtes du bullshit, je veux que vous soyez les meilleurs »

- « Je ne veux pas te voir habillé comme ça »

- « N’hésite pas à envahir les autres, tu les pousses, tu les dégages »

- « Vous vous permettez de penser, donc je me permets de juger »

Ces phrases m’effraient car le coach n’est-il pas censé tirer vers le haut celui qui le consulte au lieu de le rabaisser par son autosuffisance ? Depuis quand le coach choisit-il à la place de son client ? Un des principes de base du coaching est que le coaché sait ce qui est bon pour lui et possède les réponses en lui.

Le risque de toute cette popularité incontrôlée du mot « coach » s’inscrit dans le fait de véhiculer auprès du grand public une image totalement faussée de la profession. C’est dans ce contexte d’amalgame et de confusion que je souhaite retourner aux origines du terme coach et dire que je préfère l’emploi de « accompagnant », plus explicite et plus francisé. Vous pouvez d’ailleurs noter qu’on s’approprie souvent des noms d’origine anglo-saxonne pour des notions très larges, très floues comme par exemple « manager » qui veut tout et rien dire à la fois mais qui s’associe tout de même à une illusion de prestige.

Que signifie « coach » ?

Ce terme vient à l’origine du mot anglais coche qui signifier cocher. Cette signification est importante car le travail s’avère le même entre un coach et un cocher : Créer puis maintenir une relation de confiance avec son passager pour l’amener, via un chemin déjà emprunté plus ou moins long, d’un point de départ à un point de destination, celui de ses désirs. Historiquement, le coaching voit sa naissance avec le philosophe grec Socrate (470 av JC) qui est célèbre notamment pour sa grande habileté à questionner continuellement ses interlocuteurs afin de les aider à accoucher de vérités qu’ils possèdent en eux mais qu’ils ignorent encore. Cela s’appelle la maïeutique. Ainsi peut-on souligner qu’au-delà de l’effet de mode, le coaching s’avère vieux comme les rues !

Toutefois, plus récemment (dans les années 80), le coaching fit son entrée dans le monde de l’entreprise pour accompagner dans leurs développements personnel et professionnel les cadres dirigeants soumis à de fortes pressions. Par la suite, cet accompagnement s’est démocratisé pour s’étendre aux différentes couches hiérarchiques mais aussi aux particuliers. Désormais, chacun peut s’attribuer les services d’un coach.

En clair, il existe deux formes principales de coaching : le coaching de direction (professionnel) et le coaching de vie (particulier). Elles sont toutes les deux liées aux diverses méthodes de développement personnel et consistent à aider les personnes à atteindre efficacement leurs objectifs. Toutes les autres formes de coaching se sont plutôt développées en reprenant le terme mais sans en avoir la substance, ce qui dénature au fil du temps l’esprit d’origine du concept. Par conséquent, le travail de coach de vie mérite l’emploi de ce mot noble au passé prestigieux. Je l’utilise d’ailleurs lorsque je souhaite me présenter auprès d’un nouvel interlocuteur pour faciliter la compréhension, mais je préfère très largement « accompagnant », qui indique vraiment une valeur de soutien, de complicité, … de relation d’aide tout simplement.

vendredi, mai 29 2009

Aimer ou être aimé, quel est le plus important ?

L'amour !

En voilà une drôle de question ! Et pourtant, elle revient souvent au cours de mes conversations : « Vaut-il mieux aimé ou être aimé ? » Au début, je pensais « peu importe, on s’en fiche ! », mais lorsqu’une notion apparaît plusieurs fois, il faut ouvrir grandes les oreilles, la prendre en considération et s’interroger profondément.

Posez-vous la question vous-mêmes, à cet instant précis, devant votre écran : Préférez-vous aimer ou être aimé ? Et pourquoi ? Quels sont les avantages et les inconvénients de chaque situation ? Notez quelques raisons et arguments sur le coin d’un papier avant même de lire le reste de l’article. Ainsi, pouvez-vous déjà noter votre avis en commentaire sans même avoir encore été influencé par mon opinion ;-).

Voici le fruit de ma réflexion et je serais ravi de lire votre point de vue sur ce thème et d’en débattre : Vous souvenez-vous du poème de Hjalmar Soderberg ?
"Nous voulons tous être aimés,
à défaut, être admirés,
à défaut , être redoutés,
à défaut, être haïs et méprisés.
Nous voulons éveiller une émotion chez autrui quelle qu'elle soit.
L'âme frissonne devant le vide et recherche le contact à n'importe quel prix."

Par conséquent, je crois que dans un premier temps, nous avons besoin d'être aimé par les autres, et d’abord par nos parents. S'ils nous permettent de nous construire une bonne estime de Soi, alors nous n'aurons pas peur de chercher à mieux nous connaître et par conséquent à apprendre à nous aimer nous-mêmes.

Enfin, une fois cette étape franchie ("Je m'aime !"), nous sommes alors à même d'aimer l'autre vraiment, sans attente ni dépendance, sincèrement : tout simplement parce que nous n'avons pas besoin de lui pour être heureux, nous n'attendons pas son amour pour nous aimer, notre amour demeure purement gratuit, sans retour exigé !

C'est toute la différence entre l'amour et la dépendance je crois ...
Aimer sans attente = amour véritable, ne peut pas faire souffrir, au contraire nous permet d'irradier la paix, l'amour et le bien-être.
Besoin d'etre aimé = On compte sur l'autre pour assurer notre bonheur, notre reconnaissance, notre besoin d'attention. C'est ce qu'on appelle la dépendance et qui peut conduire à la souffrance. C'est penser que l'autre est responsable de notre bonheur, alors que nous avons tout le potentiel en nous pour nous réaliser nous-mêmes. Dans ce cas, l'autre nous permet d'atteindre des zones cachées de notre inconscient, des zones d'ombre, des sentiments et des émotions que nous n'avons jamais vécues auparavant. Pourquoi ? Tout simplement parce que nous n'avons pas fait de travail sur nous et pris le temps de nous connaitre plus en profondeur. Ces zones d'ombre, nous avons le pouvoir de les atteindre seul, cela constitue le principe même du développement personnel.


Bilan : le top consiste bien sûr à aimer et être aimé en retour ! Cependant, le "être aimé" reste superflu à partir du moment où nous nous aimons nous-mêmes. Lorsque le "être aimé" se brise alors ce moment nous révèle si l'amour que nous offrions était véritable (pas de souffrances majeures consécutivement à cette situation de rupture) ou le résultat d'un manque, d'une dépendance (grosses souffrances).

Je suis seul responsable de mon bonheur ou malheur. De même, je ne suis pas responsable du bonheur ou du malheur des autres.

A bientôt mes chers lecteurs,
Bien cordialement,
Bruno

vendredi, mai 22 2009

En ligne !

www.persodev.com

Depuis quelque temps, plusieurs personnes m’interrogent sur le processus d’accompagnement personnel, sur les conférences que je propose, et puis sur moi, mon parcours. Il est vrai que le blog permet une ébauche de réponses, mais le but premier de celui-ci consiste simplement à présenter des réflexions personnelles au jour le jour, au fil des lectures, des rencontres, de la vie.

Par conséquent, afin de mieux répondre à vos interrogations et pour faciliter la compréhension de mes services, j’ai décidé de mettre un site internet en ligne. Ce site est complémentaire du blog : il s’avère plus professionnel, et présente l’accompagnement, les sorties auxquelles vous pouvez participer, les « news », les idées reçues, les questions que vous vous posez, mon parcours, … Quelques pages sont encore en cours de rédaction / construction mais l’essentiel y figure déjà. Par conséquent, si vous êtes curieux, ouvert, ou interrogatif sur le coaching de vie, cliquez sur www.persodev.com, le site du développement personnel en toute simplicité.

Votre avis m’intéresse ! Vous possédez tous un point de vue particulier, alors exprimez vous : si vous observez des points techniques, de design, de contenu à corriger ou même des fautes d’orthographe, n’hésitez pas à m’en faire part directement en commentaire du présent article. Lorsque l’on conçoit et rédige un projet tout seul, on ne possède pas forcément le recul et l’objectivité suffisante pour juger du résultat. C’est pourquoi un petit mot me ferait plaisir, je vous en serais reconnaissant. Merci d’avance.

Par ailleurs, vous aurez peut-être remarqué un nouveau sondage à gauche du blog. Je réalise actuellement une étude de marché pour un cabinet, et votre opinion sur le coaching de vie m’intéresse aussi ! Le sondage permet de cerner vos attentes. Il prend deux secondes à remplir, c’est simple, facile, pratique et ça me permet d’être plus en contact avec vous.

Aussi, vous l’aurez compris, aujourd’hui cet article est votre article.

Merci encore pour votre venue régulière et pour votre participation,

A bientôt,

Bruno

samedi, mai 2 2009

"Il y a dans tout perfectionnisme une effroyable peur du vide"

Le rongeur et sa roue infinie Cette citation de François-Emmanuel Tirtiaux fournit un lien logique entre le thème du jour et l'article précédent. Peut-être que ce sujet correspond à une prise de conscience de ma part ...


Perfectionnisme ?



Voilà une notion intéressante … Certains classent ce comportement comme une qualité, d’autres comme un défaut, et vous ? Comment le qualifieriez-vous ? Pour ma part, la définition serait la suivante : « Le perfectionnisme est un comportement résultant d’une insatisfaction chronique, qui vise à rendre parfait chacun de ses actes comme s’il existait une identification entre les verbes être et faire ».


Effectivement, la personne qui s’approprie la croyance « Je suis la somme de tous mes actes » se trouve dans l’obligation de tout réussir parfaitement. Comme si l’erreur s’avérait honteuse. Pourtant cette dernière constitue une source d’apprentissages extraordinaires, un feedback permettant d’apprendre, rectifier et corriger. L’erreur demeure une étape sur le chemin de sa réussite. Attention, mon message ne doit pas être interprété comme un appel à se tromper volontairement, mais au contraire comme la nécessité d’optimiser son expérience et de saisir chaque opportunité comme une indication vers son épanouissement. L’échec, qui semble la plupart du temps associé à des sentiments de résignation et de culpabilité, n’existe pas dans le coaching de vie : plus ma vie a eu son lot de péripéties, plus le nombre de mes apprentissages s’accroit et plus je suis capable d’exploiter les plus inaccessibles de mes capacités. Chaque événement, chaque accident de ma vie est un tremplin vers qui je suis vraiment. Comment pourrais-je un jour atteindre le bonheur sans avoir connu le malheur ? Une chose ne peut exister sans son contraire. Par conséquent, si aujourd’hui je ne vis pas un épanouissement complet, je dois savoir que cela fait parti d’un processus qui me permettra, si je m’en donne les moyens, d’accéder un jour ou l’autre à toutes les ressources nécessaires et suffisantes enfouies au fond de moi.


Alors, de quoi le perfectionniste a-t-il vraiment peur ? L’avenir, l’autre … Hum, tout simplement de Soi je crois. Pourquoi a-t-il peur ? Parce qu’il est très faignant en fait ;-) : Alors qu’il se donne cette allure de besogneux, le perfectionniste souhaite s’affranchir de tout travail sur lui-même : trop long, trop difficile, trop impliquant ! Pour pallier à cela, il se dit « qui peut le plus peut le moins » si bien que l’emploi des principes les plus stricts et moraux représente l’illusion d’un pas certain vers la reconnaissance. D’ailleurs, Il préfère se noyer dans l’hyperactivité pour se rassurer et éviter de se poser les questions portant sur l’essence même de ce qu’il est. Tel un rongeur tournant sur une roue infinie, il se fatigue inutilement, s’épuise, se perd. Ainsi, le perfectionniste vit-il plus de la peur que de l’amour … La peur de laisser apparaitre aux yeux du monde la facette de lui-même qu’il méprise profondément et qu’il aperçoit dès que se pose un miroir face à ses yeux. D’ailleurs, dans son esprit, son Moi ne se résume qu’à cette vison, il néglige toute cette magnifique part d’ombre qui ne demande qu’à émerger.


J’en déduis que le perfectionnisme résulte de l’expression d’une souffrance. Il se développe dans les traits d’une personne très sensible qui « choisit » de se couper de son ressenti pour ne pas souffrir et pour ne pas montrer cette faille à l’autre. Elle ne se rend pas compte de la distorsion entre ce qui se passe dans son cœur et la carapace qu’elle se plait à créer. Elle possède un esprit très rigide qui fonctionne selon le modèle « A implique B » : telle cause conduit nécessairement à telle conséquence. Pour elle l’exception n’existe pas, la faille représente la faiblesse, si bien qu’elle se persuade toute seule que pour être reconnue et acceptée par tous les autres alors elle se doit de paraitre la plus parfaite possible.

Sa vision se base sur le modèle binaire : tout est blanc ou noir. C'est la loi du tout ou rien : si elle fait alors cela se doit d'être parfait, sinon elle n'essaye même pas.


Finalement, cet article m’amène jusqu’à la conclusion suivante : La personne perfectionniste peut être un vrai atout pour les autres, notamment dans le milieu professionnel car elle s’avère un bourreau du travail. Elle fait … mais lentement pour contrôler la qualité, elle a tendance à peaufiner les détails. Seulement, son besoin de perfection symbolise sa méconnaissance d’elle-même (elle est déjà parfaite, pas besoin d’en faire plus) et empêche bien souvent de se détendre, de savourer l’instant présent ce qui se traduit par stress et anxiété. Elle n’est pas.

dimanche, avril 19 2009

A quoi le vide sert-il ?

Le vide Parfois je me pose des questions ... creuses ! C'est vrai, mais je voulais mettre en lumière cette notion trop souvent méprisée, trop souvent rendue inutile, trop souvent dévalorisée ! Que pensez-vous du vide ? Généralement, deux réponses s'avèrent envisageables : un long blanc (caractéristique du vide) ou « bah, ça sert à rien le vide ». Effectivement, dans notre société occidentale, nous sommes éduqués pour combler les vides en permanence. Tous les vides ...


Imaginez un rendez-vous galant dans un charmant petit restaurant. Le jeune semble parfaitement sûr de lui, il est particulièrement élégant, parfumé, il a tout pour plaire. La fille sourit en permanence, elle s'est apprêtée pendant trois heures, épilée, coiffée, maquillée, elle a choisit sa petite robe rouge fétiche. Bref, tout se passe pour le mieux dans le meilleur des mondes. Seulement, au bout de 10 minutes, un petit hic se glisse pour rouiller la mécanique : le blanc surgit sans prévenir - Silence complet. Plus personne ne parle, les deux tourtereaux cogitent chacun de leur côté, ils ne parviennent plus à sortir de ce grand moment de solitude, et le cercle vicieux s'enclenche. Au final, ils repartiront chacun de leur côté. « Du vécu ? » me demanderez-vous. Ooooooh non, vous ne me connaissez pas si vous pensez cela, j'ai toujours un truc à dire :). Enfin, quoiqu'il en soit, le vide ou le silence à cet instant précis est vécu comme quelque chose de très négatif, un manque d'intérêt, un manque de conversation, un manque de curiosité ... Un manque !


Combien de personnes parmi vous se débrouillent toujours inconsciemment pour être débordées du matin au soir ? Comme si l'hyperactivité possédait une plus grande valeur que « ne rien faire ». Dans notre univers occidental, une journée est bien remplie si nous avons eu cinq rendez-vous, un déjeuner sur le pouce et 12 heures de travail. Par contre, si nous avons posé un congé juste pour lire et dormir et que nous osons l'affirmer, des yeux médusés vont croiser votre regard : « T'as qu'ça à foutre ? »


Pourquoi avons-nous peur de ne pas faire assez ? Pourquoi « être » ne nous suffit-il plus ? Sommes-nous inquiets de voir la mort surgir trop tôt, de nous retrouver face à nous-mêmes, face à nos accomplissements trop peu nombreux ? S'accomplir ne serait-il pas suffisant ? Il convient de constater à quel point le passage aux trente cinq heures hebdomadaires a été stigmatisé péjorativement dans notre cher pays et de s'interroger sur cette valeur « travail » continuellement plébiscitée. Il faut cultiver son jardin, certes, mais cela n'empêche pas de profiter des fruits de la récolte allongé sous l'ombre du pommier. Travailler c'est bien, vivre c'est mieux. Je ne prône pas l'oisiveté et la paresse, loin de là ! Moi-même, j'ai toujours tendance à en faire trop et la rédaction de cet article n'est qu'une déclaration d'intention, un post-it destiné à ne pas oublier de ne rien faire, parfois. Il y a un temps pour tout, ne l'oublions pas, et choisissons d'abord de planifier les instants de plaisir, nous pourrons ensuite définir les créneaux pour vaquer à d'autres occupations.


Parfois, je me demande innocemment comment on peut parvenir à se centrer, se calmer, se connaître sans cette notion de vide ? Comment être dans le Moi ? Comment s'apprivoiser sans relaxation, méditation, sans devenir l'observateur de sa propre vie ? Le vide signifie juste que l'on s'accepte tel que l'on est, que l'on a juste besoin de ressentir et non pas de disperser inutilement notre énergie. Le vide devient délicieusement confortable lorsqu'on l'apprivoise.


En corse, farniente signifie lâcher prise. On reste d'ailleurs très loin de l'inactivité dans le lâcher prise, cet état d'être nécessite un vrai travail de fond sur Soi, et ne résulte pas simplement d'un claquement de doigts. Bilan : le vide ne signifie pas le néant et si les objets autour de nous existent, c'est aussi grâce à ce vide. D'ailleurs, lorsqu'un européen voit un verre, il voit d'abord la matière, alors qu'un taoïste y verrait d'abord le vide qui le rend utile et qui lui permet d'être rempli. Comme dans le principe de Ying et du Yang, le vide est le pendant de l’excès, nous en avons besoin pour être un tout.


Finalement, changeons nos habitudes, apprenons à faire une petite place au vide. Ne serait-il pas simplement un révélateur de qui nous sommes vraiment ?

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